Delaying School Start in Adolescence (DESSA)
Co-authors: Stéphanie Mazza, Eve Reynaud, Amandine Rey, Lucie Malevergne, Adrien Pawlik, Marc Gurgand
Les horaires scolaires matinaux contraignent les adolescents à se lever bien avant que leur biologie ne le permette. Après la puberté, le rythme circadien se décale naturellement vers des heures plus tardives, un phénomène hormonal bien documenté. Un début des cours précoces expose ainsi les élèves à un manque de sommeil chronique durant une période clé de leur développement, avec des effets mesurés sur l’humeur, les capacités cognitives et la santé mentale.
Nous avons testé si décaler le début des cours d’une seule heure, de 8h à 9h, sans modifier l’heure de fin, suffisait à produire un effet mesurable. Dans un internat français, quatre classes ont été réparties aléatoirement : deux ont conservé l’horaire habituel, deux ont adopté l’horaire décalé. Le sommeil a été suivi objectivement par actigraphie pendant six mois, avec des mesures standardisées de l’anxiété, de la somnolence et des fonctions cognitives.
En fin d’année scolaire, les élèves du groupe commençant à 9 h dormaient 26 minutes de plus par nuit que leurs pairs commençant à 8 h, sans modification de leur heure de coucher. Leur anxiété et leur somnolence ont diminué, tandis qu’elles augmentaient dans le groupe commençant à 8 h. Ces tailles d’effet sont importantes au regard des standards habituels des interventions éducatives, alors même qu’elles ont été obtenues par un simple ajustement d’horaire, sans ressources supplémentaires.