Trop chaud pour réussir ? Vagues de chaleur, résultats aux examens et accès à l'enseignement supérieur

Co-autrice : Leïla Costil

Le changement climatique accroît l’exposition des élèves aux fortes chaleurs, avec des variations et inégalités entre territoires. Par ailleurs, les épisodes de forte chaleur surviennent plus généralement en juin, sur la période traditionnelle des examens du baccalauréat. En Chine et aux États-Unis, des recherches ont souligné une diminution de la réussite des élèves d’environ 5 à 6 % d’écart-type pour une hausse d’un écart-type de la température pendant les examens. Nous cherchons à quantifier ces effets en France, et à explorer leur traduction dans les chances d’admission dans l’enseignement supérieur, étant donné les disparités de conditions météorologiques de passation à travers l’hexagone.

La France constitue un terrain de recherche particulièrement propice. Tout d’abord, les lycées sont (très) rarement climatisés, dans des bâtiments peu résilients aux vagues de chaleur. Une conséquence : la chaleur extérieure se traduit directement en température élevée dans les salles d’examen. Par ailleurs, une unique épreuve du baccalauréat occupe une place prépondérante dans les dossiers Parcoursup : l’épreuve anticipée de français, qui a lieu en juin, à la fin de la classe de première. Cet examen nous permet de quantifier l’impact d’une journée de forte chaleur sur les notes, et par ce biais sur les décisions d’admission.

Enfin, l’épreuve écrite se déroule à une date unique, à la même heure sur tout le territoire : au sein d’une session, toute la variation de l’exposition est géographique, et aucune famille, aucun établissement ni aucun candidat ne peut choisir où tombe la chaleur. Pour mesurer l’exposition aux vagues de chaleur, nous avons construit un panel qui rattache chaque lycée à la grille SAFRAN de Météo-France. Ce panel permet de tracer la température et la chaleur humide pendant les heures mêmes de l’épreuve (via une interpolation des températures).